BADLUCKÉ, BADLUCKÉE ou
BADLOQUÉ, BADLOQUÉE [badlɔke]
adj.
Variantes graphiques : (surtout autrefois) bad lucky, bad lucké, bad-lucky, bad-lucké.
Très fam.Malchanceux.
Être badlucké.
(En fonction subst.).
Un badlucké, une badluckée.
Si t’as jamais été malade, c’est parce que tu n’as pas été badluckée. T’avais une bonne constitution. Au temps de la picotte noire, tu as dû avoir peur comme les autres. 1919, La Patrie, Montréal, 23 août, p. 13 (chron. humor.).
– Aubry : [...] écoute, tu pourrais pas me passer un dix [« un billet de dix dollars »]! – Agam : Aie! Tu parles pas sérieux, Aubry? – Aubry : Ben oui... j’ai été badlucké toute la nuit puis j’ai pu rien dans mes poches... 1944, R. O. Boivin, Rue Principale, 28 février, p. 4 (radio).
J’pouvais pas faire autrement, j’avais rien d’vant moi, pis rien darrière, seul’ment toi, c’t’ait normal qu’on s’chicane un brin, qu’on s’étrive, qu’on s’donne quéques claques sus la margoulette... Toute ça, ça disait rien qu’not’e besoin d’êt’e là pis d’continuer à vivre pareil... On a été badloqués tout l’temps... C’est ça not’e problème. 1974, V.-L. Beaulieu, En attendant Trudot, p. 54.
Histoire
Depuis 1902 (BPFC 1/4, p. 65 : bad lucké). Dérivé de bad luck. La variante badloqué est attestée régulièrement depuis 1909 (Dionne).