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BADGE [badʒ]
n. f.

Rem.

Parfois masculin.

  

Insigne, écusson que l’on peut épingler, coudre ou coller sur les vêtements et qui est destiné à identifier (notam. sur le plan professionnel) la personne qui le porte.

Badge d’employé d’un chantier de construction. Badge de congressiste.

 Insigne qui atteste l’accession d’une personne à un grade ou qui témoigne de ses compétences à exercer une fonction particulière.

Badge de policier. Badge de pilote, de capitaine.

 Insigne, écusson qui atteste la réussite d’une personne à une épreuve de spécialisation.

Badge de scout, de natation, de ski.

 Insigne, écusson destiné à marquer l’appui d’une personne à un groupe politique, humanitaire, etc.

Badge du Parti québécois, de la CSN. Badge de la Société d’arthrite du Québec.

Rem.1. Critiqué à l’occasion, surtout dans la première moitié du siècle. 2. Badge est également en usage en France, mais il est de genre masculin et son emploi est moins large; on l’utilise pour désigner un insigne de scout (parfois considéré comme n. f. dans ce cas) ou encore un insigne par lequel le porteur manifeste ses opinions, ou qui sert à l’identifier, dans un congrès, un service public, etc.

 épinglettemacarontag day.

Ce fut un important chantier qui, en quelques jours, transforma les lieux. [...] Alidor reçut sa « badge » et la fixa à son chapeau comme une cocarde : 2324. Il se souvenait d’avoir travaillé en groupe, lors d’une corvée, pour rebâtir une grange, mais qu’était-ce, à côté de cette route à redresser, de ces maisons à déplacer, de toute cette terre à remuer pour le compte du Gouvernement! 1955, R. Ouvrard, La veuve, p. 111-112.

Quand une personne nous fait signe comme ça, que c’est la police, il sait, lui-même il sait que tu as pas de permis; il le voit que tu as pas de permis devant ton char. Il se lève la main comme ça […], pis il dit : « Emmène-moi donc au marché Atwater, tu vois, ça fait un [sic] heure que je suis ici, j’ai mal à un pied je suis pas capable de marcher. » Tu arrives au marché Atwater, ils sont deux dans ça. Il y en a un, là, qui est au marché Atwater, là, un détective là, tu sais. Pis l’autre, celui qui te prend, là, il t’emmène là, là, au marché Atwater. Pis rendu au marché Atwater, il te paye ton voyage, il te dit « combien? ». Tu vas lui dire une piastre et demie, il te donne une piastre et demie, il te donne trente sous de tip, pis après ça il sort sa badge, pis il dit : « La police de Montréal. » 1962, Montréal, AFEUL, P. Perrault 1116 (âge de l’informateur : n. d.).

Frank-Anacharcis aurait eu besoin d’un sifflet, d’une badge et d’un bâton d’agent de circulation pour stopper le p’tit sénateur [...]. 1969, J. Ferron, Le ciel de Québec, p. 107.

C’est fatiguant [sic] la vie d’artisse! C’est épuisant de s’exprimer! J’veux dev’nir agent de police Pour ma propre sécurité. Faire rire le mond’, c’est pas une vie : Tu ouvres ta Boîte pour la fermer. Si j’ai ma badge et mon fusil On m’discute pus, j’suis respectée. 1973, Cl. Des Rochers, La grosse tête, p. 21.

Ils [les Skinheads] sont jeunes mais dangereusement sérieux. Le look qu’ils ont adopté le dit assez : bottes militaires, crâne rasé, croix celtique cousue sur leur blouson matelassé, svastika tatouée [sic] sur les avant-bras, badge SS. 1989, Le Soleil, Québec, 13 mai, p. B7.

Fig.

Auparavant, sous le gouvernement Godbout, l’adjoint avait été le patron, et vice versa. Quinze ans s’étaient écoulés pendant lesquels, tous les matins, on les voyait arriver chacun avec sa badge : Le Devoir pour le libéral et Montréal-Matin pour le bleu. Dès mon arrivée Montréal-Matin disparut, tandis que Le Devoir continuait à s’afficher de plus belle. 1986, R. Lévesque, Attendez que je me rappelle..., p. 223.

Histoire

Depuis 1902 (au masc., dans BPFC 1/1, p. 12 : le badge du président, d’un porter [« garçon d’hôtel »], d’un cocher; au fém. depuis 1909, Dionne); emprunté de l’anglais (v. OED, Random 1983 et Webster 1986). Badge a pénétré de façon parallèle en français de France où il est attesté depuis 1920 au sens d’« insigne scout » et depuis 1966 pour désigner un insigne par lequel le porteur exprime ses opinions (v. ReyDAngl3; v. aussi TLF, Robert 1985 et Larousse 1982).

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Badge. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 15 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/badge