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BACON [bekœn]
n. m.

Rem.

1. Prononciation populaire [bekin]. 2. Au début du XXe siècle, quelques auteurs ont suggéré d’éviter les prononciations à consonance anglaise et d’adopter plutôt [bakɔ̃].

1

Lard maigre fumé et salé, tiré de la poitrine du porc et présenté, de nos jours, en tranches minces et allongées.

2022, TLFQ, Bacon [photo].

Tranche de bacon. Gras, graisse de bacon. Bacon maigre, tranché, en tranches, de flanc, sans couenne, vieillià déjeuner.

 Bacon de dos, très maigre, tiré de la longe du porc et présenté en tranches rondes.

Rem.Bacon est également connu en France (prononcé [bekɔn]), mais surtout par référence à une réalité anglo-saxonne; le mot y est plus usité avec le sens de « filet de porc fumé et salé ».

On a fait boucherie à Spencer Wood. C’est maintenant le temps d’acheter à bon marché des soques [= socs], des rôtis, des jambons, des bacons, du boudin, de la saucisse et des gertons [= cretons] de première qualité. 1880, Le Vrai Canard, Montréal, 24 décembre, p. 2 (chron. humor.).

À une jeune mère dont le lait tarissait, il offrait un beau morceau de bacon, ou un petit sac de farine. 1925, M. Constantin-Weyer, La bourrasque, p. 26.

La chaude et brillante lumière du soleil à travers la tente nous éveilla à bonne heure le lendemain matin. Un plongeon au sortir de la tente, dans l’eau claire et froide de la Ticouapi, et nous sommes prêts pour le déjeuner, affamés comme des loups. Les tranches de bacon qui rôtissent dans la poële [sic] et l’odeur alléchante qui s’en dégage dépassent de cent coudées les combinaisons les plus savantes des artistes de l’art culinaire! 1940, O.-Ch. Pelletier, Mémoires, souvenirs de famille et récits, p. 159.

Jacqueline Lassalle allait et venait entre ses invités [...]. Elle offrait les olives, le bacon grillé roulé en volutes, les tartines aux anchois, les biscuits salés recouverts d’une mixture couleur de caviar, pendant que son mari, le shaker en main, veillait à ce que les verres à cocktail fussent remplis à temps. 1947, M. Le Franc, Ô Canada!, p. 202.

Pis l’autre, le cochon à bacon là, bien lui il est plutôt plus mince, plus élancé, plus long, plus mince. 1973, Saint-Narcisse-de-Rimouski (Rimouski-Neigette), AFEUL, Cl. Poirier 62 (âge de l’informateur : 67 ans).

Un jaune d’œuf s’épanche hors de son blanc. Le bacon graisse les fleurs de l’assiette. Assis, François et Eugène dévorent en silence. Madeleine dépose les cafés auprès des cuillères. 1974, M. Capistran, Bingo, p. 58.

VieilliCochon, porc à bacon, engraissé spécial. pour fournir le bacon.

L’élevage du porc à bacon.

VieuxPièce de lard qu’on lève sur le côté du porc; flèche de lard. (GPFC, Bélisle1-3).

 Bas de côte (du porc). (PPQ 581).

Rem.Parfois prononcé [bakɔ̃] ou [bɑkɔ̃].

2

Fig., pop. Argent.

Avoir, faire du bacon. Ça prend pas mal de bacon pour s’acheter un char.

SYN. fam.fric.

Rem.Souvent abrégé en [bek].

 bidou.

De sorte que, malgré les efforts faits jusqu’à date pour poigner le bacon, malgré les convoitises, les courses, les tentatives, les désirs, les combinaisons, les plans stratégiques, la diplomatie, les pauvres soixante mille piastres sont encore là, tout seuls, orphelins sans père ni mère, abandonnés tristement à la rapacité du premier venu. 1932, Le Goglu, Montréal, 8 janvier, p. 3.

Faut aller louer des bureaux ailleurs, dans l’entreprise privée. C’est à l’avantage du contribuable, à la fin. Et on aide la construction, tout comme l’ont fait les Olympiques. Ça coûte du bacon, et ce que je peux fournir, je suis content de le faire. 1987, Le Soleil, Québec, 6 mai, p. B4 (lettre).

Ça coûte cher, étudier à Harvard : $ 19 395 l’an prochain, les livres inclus mais pas le manger ni le boire. C’est pas un problème. Pour 1 605 places disponibles, ils ont reçu 12 843 demandes. Faut que ton père ait eu un père et même un grand-père, et du bacon, et des amis haut perchés. 1989, La Presse, Montréal, 3 octobre, p. 2 (cahier des sports).

3

loc. Pop.Se pogner le bacon : ne rien faire, s’embêter.

Passer un dimanche à se pogner le bacon.

Rem.Usité surtout chez les jeunes.

Histoire

1Depuis 1880; emprunté de l’anglais (v. OED, Random 1983 et Cobuild 1993). Bacon de dos est un calque de l’anglais nord-américain back bacon (v. Gage 1984 et Webster 1986). Cochon, porc à bacon est un calque de l’anglais bacon pig (v. OED; porc à bacon figure cependant dans TLF avec la mention « dans un contexte anglais »). Les sens de « flèche de lard » et de « bas de côte (du porc) » se rattachent peut-être à des usages anciens en France; le premier du moins est attesté en français du XIIe au XVIIe s., dans les parlers du Nord et du Nord-Ouest de la France ainsi que dans ceux de la Belgique et de la Suisse romande (v. FEW a. bas-frq. bakko 151, 28b, et GPSR s.v. bakon); le mot bacon se serait dans ce cas maintenu au Québec depuis le XVIIe s., ce qui pourrait expliquer les prononciations vieillies [bakɔ̃] et [bɑkɔ̃]. 2Depuis 1932. Probablement de l’anglais; cp. les expressions familières to bring home the bacon « to earn a living; to earn money with which to buy the necessities of life » (v. WentwSlang3, OAD 1980 et Random 1983) et to save one’s bacon dans un slogan publicitaire des années 1930 : Breakfast on Shredded Wheat and save your bacon (v. PartrSlang5). 3Depuis 1980.

Version du DHFQ 1998
Trésor de la langue française au Québec. (1998). Bacon. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 13 juin 2024.
https://www.dhfq.org/article/bacon