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AUTONEIGE [otonɛʒ]
n. f.

Rem.

1. Parfois au masculin. 2. Variantes graphiques : (jusque dans les années 1970) autoneige (au pluriel, autoneige ou autos‑neige).

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Véhicule automobile fermé, monté sur chenilles et muni de skis mobiles à l’avant, conçu pour se déplacer sur la neige et pour transporter des passagers, des marchandises, ou pour traîner des charges.

2007, Melensdad, Autoneige [photo], CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:BlueBombardier.jpg 2022, TLFQ, Autoneige [photo], © 2022 par Société historique de Bellechasse. Reproduit avec permission.

L’autoneige est encore utilisée dans l’industrie touristique pour les déplacements et les promenades. Des autoneiges. Pistes d’autoneige. Randonnée, tour en (ou d’) autoneige.

Rem.Pour désigner ce véhicule, on a parfois eu recours autrefois à l’appellation autochenille, mot du français de France qui s’applique à un véhicule militaire ou d’exploration monté sur chenilles.

 snowsnowmobile.

C’est regrettable qu’aucun de nos hommes d’affaires locaux ne semble s’intéresser au développement et à l’amélioration de ce moyen de transport, ce qui aurait pour effet de créer une industrie locale appelée à se développer puisque l’auto‑neige est l’un des modes de locomotion les plus pratiques possibles pendant la saison d’hiver. 1934, Le Progrès du Golfe, Rimouski, 2 février, p. 6.

Pour aller de l’une à l’autre des missions qui relèvent de sa juridiction, M. l’abbé Quenneville doit faire un trajet d’une trentaine de milles, en employant, comme de raison, les moyens de locomotion les plus divers : le kicker ou le bateau-taxi, l’auto, le cheval, l’avion; en hiver, les chiens, la raquette, l’autoneige, la vanne montée sur patins, tirée par une auto-chenille et dont l’intérieur est garni d’un poêle qui le chauffe ou plus exactement fait de son mieux pour donner ce résultat. L’Abitibi minier comme l’Abitibi de la colonisation se sert en effet de moyens de locomotion qui sont assez peu connus dans le reste de la province de Québec et du monde. […] L’autoneige, qui peut atteindre une vitesse de 50 ou 60 milles à l’heure, a l’aspect d’un avion sans ailes, avec l’hélice à l’arrière, la cabine pour quatre ou cinq voyageurs étant montée sur de longs patins en bois. 1938, É. Benoist, L'Abitibi, pays de l'or, p. 7374.

Un soir de janvier [...] garde Morin est mandée au secours de la femme de Gérard Pelletier [...]. Le déplacement en vaut la peine puisque l’infirmière aide à la naissance de trois jumelles. Arrivés avant terme, les bébés ne vivent cependant qu’une journée : on s’amène trop tard avec l’auto-neige chauffée portant l’incubateur qui eût pu sauver le trio. 1947, G. Ouellet, Aux marches du royaume de Matagami (Rochebaucourt), p. 38.

Là je m’abîme dans une contemplation qui me vide de ma substance, me donne l’immobilité des objets. Une auto-neige, qui passe dans la rue avec un vrombissement de quadrimoteur, me tire brutalement de mon extase. L’air est encore agité deux minutes après son passage, puis la tranquillité retombe comme une poussière, mais j’ai du mal à refaire le vide en moi. 1953, A. Langevin, Poussière sur la ville, p. 173.

Il se présenta et [...] il se mit à parler des vibrations de l’avion qui lui rappelaient celles des anciennes auto-neige Bombardier. – Je me trouvais en Gaspésie; c’était des véhicules indispensables qui semblaient se donner un mal de chien, qui résonnaient comme des caisses de tambour pour n’avancer que très lentement. 1971, J. Ferron, Les roses sauvages, p. 37.

Dans l’ancien édifice de désinfection sont rassemblés des objets et instruments de la vie quotidienne : râteaux de bois, poêles de fonte, étals de boucher, bancs de parc, téléphones à manivelle, petits catéchismes, statue de la Vierge en plâtre, fanals [sic], balances de divers gabarits, brouettes et arrosoirs, charrues, herses et raquettes, dames-jeannes, pompes, ancres, échelles de fer, canots, ancres et chaloupes. Et dans un garage plus loin, des bogheys, des traîneaux, une autoneige, la voiture hippomobile pour combattre les incendies, le canot à glace. 1997, N. Cazelais, Le Devoir, Montréal, 6 juin, p. B5.

Cette année, ce sont plus de 300 activités et spectacles qui attendent les « carnavaleux » jusqu’au 17 février. De toute évidence, Québec tente d’attirer petits et grands. Les activités sont diversifiées : pêche sur la glace, traîneau à chiens, course en canots à glace, promenades en autoneige (ancêtre de la motoneige), rafting sur neige... 2002, A. M. Parent, La Presse, Montréal, 2 février, p. H3.

Nostalgie des tartes qui cuisent, nostalgie des tours d’autoneige Bombardier et nostalgie des douces confusions de l’amour naissant. Elles ont toutes ici la même odeur, celle de la découverte d’un monde ordinaire et magique, que rencontre Michel Garneau là où il le soupçonnait le moins. 2015, D. Tardif, Le Devoir, Montréal, 5‑6 décembre, p. F2.

Musée modeste, mini-série, nous avons fait quelques pas sur le sentier de la reconnaissance du phénomène Bombardier. Mais nous sommes loin du compte au chapitre du retentissement symbolique, de la commémoration, du souvenir. De l’autoneige à la motoneige, de la courroie au rail et jusqu’à l’aéronautique, nous aurions là le matériau d’un récit fabuleux – d’autant plus que s’appeler Bombardier et finir par fabriquer des avions, cela ne s’invente pas. 2016, S. Bouchard, « Nous sommes de belles machines », Québec Science, vol. 54, n° 7, avril-mai, p. 50.

 (Variante). VieillirareAuto-à-neige n. f.

La panne d’électricité était due sans doute [...] à quelque fichue auto-à-neige qui avait laissé la route pour aller briser un poteau! 1946, J. Narrache, Les contes de chez nous, 10 février, p. 1 (radio).

Notice encyclopédique

Les premiers prototypes d’autoneiges ont été construits de façon indépendante au début des années 1920 par J.A. Landry, un inventeur québécois de Mont-Joli, et par V. White, un Américain du New Hampshire. Il s’agissait de voitures automobiles ordinaires (p. ex. des Ford) dont on avait remplacé les roues avant par une paire de skis et dont le train arrière comportait, de chaque côté, des roues entourées d’une chenille de fer assurant le déplacement sur la neige. Au cours de l’hiver 1922, J.A. Landry expérimenta avec succès ce type de véhicule en parcourant la distance qui séparait Mont-Joli de Rimouski. En 1926, il créa même une compagnie spécialisée dans la transformation d’automobiles et de camions en autoneiges, mais malgré des ventes au Québec, en Ontario et dans le Maine, l’entreprise ne reçut pas le soutien des investisseurs de la région et dut fermer ses portes, faute de capitaux. À la même époque, l’Américain V. White perfectionnait un véhicule semblable à celui de Landry qu’il appela snowmobile (voir ce mot, sous Histoire). C’est toutefois vers la fin de cette décennie que J.A. Bombardier, un ingénieur de Valcourt, en Estrie, commença à s’imposer dans le domaine des véhicules conçus pour circuler sur la neige. Il inventa bientôt un nouveau système de roulement sur chenilles et il créa un véhicule doté à la fois d’un moteur à l’arrière, pour une meilleure répartition du poids, et d’une suspension flexible, plus confortable. Ce véhicule fut appelé le B7 (B pour Bombardier et 7 pour le nombre de passagers qu’il pouvait contenir; en anglais, Snow B7) et sa production régulière débuta durant l’hiver 19361937. Caractérisé par la ligne particulière de sa carrosserie, arrondie en forme d’œuf, le B7 eut la cote auprès des médecins de campagne, des propriétaires de taxis, des hôteliers et des commerçants. Le modèle de plus grande taille, aux fenêtres en hublots (B12), servait d’ambulance ou d’autobus scolaire; on l’utilisait aussi en forêt pour tirer les traîneaux chargés de billots de bois. Peu à peu, avec les progrès accomplis dans l’entretien et le déblaiement des routes en hiver, les autoneiges perdirent leur raison d’être comme moyen de transport. On les utilise toutefois encore de nos jours dans l’industrie touristique pour permettre aux gens de revivre les promenades hivernales d’une époque révolue.

Sources : M. Côté (1976, décembre), « La construction de la moto‑neige : les premiers essais de monsieur J.‑Adalbert Landry », Revue d’histoire du Bas Saint-Laurent, vol. 3, nos 3‑4, p. 27‑28; R. Lacasse (1988), Joseph-Armand Bombardier, p. 34‑64; J. Thériault et autres (1977), Hier, au pays des Métissiens, 2e éd., photos nos 209, 232, 238, 240 et 241.

2

Par ext., VieilliSyn. de motoneige.

Bottes, casque, club d’autoneige.

Rem.Se maintient essentiellement dans les noms de clubs de motoneigistes.

Avez-vous déjà filé par enchantement à quelque 35 milles à l’heure, dans la neige, par monts et par vaux, dans ce petit auto-neige qu’on a si bien nommé « skidoo » ? Deux petits skis en avant et une chenille à l’arrière et zzzooupppe . . vous voilà au pays des rêves et des contes de fée. 1961, Le Droit, Ottawa-Gatineau, 30 décembre, p. 3.

Skidoo « Bombardier » l’autoneige par excellence. 1966, La Tribune, Sherbrooke, 6 décembre, p. 20 (annonce).

C’est le défilé des raquetteurs qui suscita le plus d’intérêt et plusieurs étatsuniens venus à Montréal avaient été conquis par la nouveauté du toboggan qu’on utilisait pour des descentes vertigineuses sur le Mont Royal dont les pentes enneigées se prêtaient bien à ces jeux. Quelle réaction auraient-ils aujourd’hui devant les prouesses téméraires des adeptes de l’auto‑neige. 1967, Olina, Le Forillon, p. 67.

Le club d’Autoneige de Montmagny [...] groupe 90 membres, possède son chalet, voit à l’entretien de 50 milles de sentiers en forêts et en montagne, organise des courses, des parades. À la fin de janvier, les propriétaires de moto‑neige de Montmagny mettront leur véhicule à la disposition de tous les enfants de la ville qui n’ont pas encore eu la chance de faire une randonnée. 1968, C. Tessier, Le Soleil, Québec, 30 décembre, p. 5.

Les chiens [des Inuits] ont été remplacés par les autos-neige ou ski-doos... pour un bien ou pour un mal? Évidemment, de bons chiens étaient l’orgueil des chasseurs. 1977, P. Lemay, Le traîneau à chiens d’hier à aujourd’hui, p. 35.

Histoire

1Depuis 1934. De auto(mobile) et neige, probablement d’après l’anglais nord-américain snowmobile2Depuis 1960 (dans autoneige miniature, d’après R. Lacasse, Joseph-Armand Bombardier, 1988, p. 168 : Le brevet du nouvel engin sera obtenu en 1960 au Canada et en 1962 aux États-Unis, sous le nom d’« autoneige miniature »).

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : novembre 2022
Pour poursuivre votre exploration du mot autoneige, consultez notre rubrique En vedette.
Trésor de la langue française au Québec. (2022). Autoneige. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 17 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/autoneige