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APPOINT [apwẽ]
n. m.

  

VieilliLes appoints de qqn : le moment où qqn s’avère disposé (à faire qqch., à prendre une décision).

Attendre (après) les appoints du docteur, les appoints de tout le monde (ou de Pierre, Jean, Jacques).

 appointement.

 Mar.L’appoint de la marée, du vent : le moment où la marée, le vent sont les plus favorables.

Attendre, prendre l’appoint de la marée, du vent.

Désire-t-on savoir le secret de cette exigence de ma part? il est simple, le voici : par exemple en laissant Québec à marée haute, poussé par un vent favorable, j’arriverais, selon toutes les probabilités, à la Grosse‑Isle à marée mi‑basse, et fussé‑je alors une lieue, deux lieues, ou toute autre distance en avant du Harrington, force me serait de l’y attendre avec l’appoint de la marée montante, avantage qui ne me compterait nullement, attendu que le but étant à Québec, toute la course se bornerait au retour, et comme si elle n’était de fait que de cette distance, insuffisante en tout point pour juger de la vitesse d’un vaisseau. 1848, Le Canadien, Québec, 24 novembre, p. [2].

Dans ce temps là, il n’y avait pas de Chemin du Roi entre les Trois Pistoles et Rimouski, on allait par eau ou bien à pied en suivant la grève. Le long des Murailles on était obligé de prendre l’appoint de la marée pour passer; car vous savez qu’à marée haute la mer vient battre le pied des Murailles, en bien des endroits. 1863, J.‑Ch. Taché, Forestiers et voyageurs, Les Soirées canadiennes, vol. 3, p. 114.

L’enfant tremblait d’excitation : – Des petits cochons de tirasse qui s’étirent, puis qui s’étendent, j’en veux un. Mais à peine en possession du bonbon, la convoitise le fit loucher sur un sifflet de réglisse. La marchande y mit le hola [sic]. – Décide‑toi. J’ai pas rien que ça à faire que d’attendre tes appoints. 1947, G. Guèvremont, Marie‑Didace, p. 272.

Marie-Louise : [...]. Mais dis-moi donc, t’as pas fait tes commissions comme c’est là? Mathilda : Hé non! Les deux hommes sont repartis avec la voiture de ton mari... Marie-Louise : Ben château! si tu penses que j’attends après les appoints d’Albert, moi... La plupart du temps je vas faire mes commissions à pied; c’est pas ben loin. 1961, O. Légaré, Zézette, dans P. Pagé, Le comique et l’humour à la radio québécoise, vol. 1, 1976, p. 548.

Inquiet de l’avenir des étudiants et même de l’avenir des universités publiques, le regroupement des étudiants et étudiantes en philosophie (REEP) ne veut plus attendre les appoints de leur association générale pour informer et agir dans l’épineux dossier du dégel des frais de scolarité. 1990, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 12 mars, p. 4.

D’entrée de jeu, la Commission municipale du Québec est saisie du dossier de regroupement des municipalités de Repentigny, Le Gardeur et Charlemagne depuis le mois d’août et on ne sait pas qu’elle a déposé son rapport. De toute façon, c’est la ministre Louise Harel qui aura, auprès de ses collègues du conseil des ministres, le dernier mot à cet égard et il nous faut donc attendre ses appoints. 2001, L’Artisan, Repentigny, 5 décembre, p. 4.

Histoire

Déverbal de appointer. Depuis 1848. À rattacher au sens de « moment favorable, circonstances favorables » qu’a eu le mot appoint en français des XVIe et XVIIe s. (attendre leur appoint, prendre son appoint; v. Huguet, s.v. apoint, LaCurne et Cotgrave 1611, s.v. appoinct). Le mot est relevé avec le même sens dans les parlers de la Normandie et de la Suisse romande (souvent dans l’appoint de qqn, v. RobNorm, MoisyNorm, GPSR).

Dernière révision : novembre 2021
Trésor de la langue française au Québec. (2021). Appoint. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 13 juin 2024.
https://www.dhfq.org/article/appoint