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AGRICULTURISME [aɡʀikyltyʀism]
n. m.

  

Didact.Idéologie préconisant le maintien de la vie agricole traditionnelle et exaltant les valeurs morales et sociales qui lui sont associées.

Le conférencier d’honneur au banquet sera M. Michel Brunet, professeur à l’Université de Montréal qui parlera des « trois illusions de la pensée canadienne-française : l’agriculturisme, l’impérialisme et le canadianisme ». 1954, L’Action catholique, Québec, 13 mai, p. 13.

Depuis un siècle, une école de pensée a dominé et orienté toute la société canadienne-française : l’agriculturisme. Comment définir l’agriculturisme? Répondre que c’est un amour déréglé de l’agriculture demeure une définition incomplète. L’agriculturisme est avant tout une façon générale de penser, une philosophie de la vie qui idéalise le passé, condamne le présent et se méfie de l’ordre social moderne. C’est un refus de l’âge industriel contemporain qui s’inspire d’une conception statique de la société. 1958, M. Brunet, La présence anglaise et les Canadiens, p. 119.

À l’UCC [Union catholique des cultivateurs], nous étions indirectement mêlés au mouvement du retour à la terre, qui fut particulièrement vigoureux au cours des années trente. On a écrit passablement de sottises sur le sujet. Comme il se doit, un savant universitaire a inventé un terme en isme – agriculturisme – pour désigner le phénomène. Bien qu’historien, le pauvre homme n’avait rien compris au mouvement de la pénétration du continent par les défricheurs de la vallée du Saint-Laurent. [...] Bien sûr qu’il y eut parmi les apôtres de la colonisation quelques esprits zélés qui sublimèrent la recherche du pain quotidien en vocation providentielle. Mais ils furent l’exception et ils n’étaient pas assez nombreux pour qu’un historien, qui aurait dû être mieux averti, invente le terme agriculturisme pour ce qui était pour des gens démunis la simple recherche du pain quotidien. 1989, G. Filion, Fais ce que peux, p. 146, 147 et 149.

Avec l’entrée dans la modernité de la littérature québécoise et l’apparition d’une critique littéraire qui ne se prévalait pas d’édicter les valeurs que les auteurs devaient promouvoir dans leurs textes, l’histoire littéraire a eu tôt fait d’attribuer à la région des connotations négatives, au point qu’elle est pratiquement devenue synonyme de terroir et d’agriculturisme. 2019, I. Kirouac Massicotte, É. Lepage et M. Simard, La région dans la littérature du Québec, Voix et images, vol. 45, no 1, p. [7].

 Agriculturiste adj. Qui appartient, est relatif à l’agriculturisme.

L’idéal, la pensée agriculturiste.

 n. Partisan de l’agriculturisme.

Un agriculturiste est d’abord et avant tout celui qui considère que l’industrialisation et l’urbanisation ont pour conséquences inévitables la décadence physique et morale d’un peuple. 1974, M. Hamelin, Les premières années du parlementarisme québécois (1867‑1878), p. 77.

Histoire

De agriculture; depuis 1954.

Dernière révision : novembre 2022
Trésor de la langue française au Québec. (2022). Agriculturisme. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 14 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/agriculturisme