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ACHALANDER [aʃalɑ̃de]
v. tr.

  

Vieux(Général. dans la tournure passive être achalandé de ou par). Fréquenter en grand nombre, envahir (un endroit, un lieu).

Si vous entrez dans cette boutique achalandée par toutes les classes de citoyens, vous ne serez sans doute pas frappés par les dimensions colossales de quelques autres qui sont à quelques portes plus loin à droite ou à gauche […]. 1851, Le Journal de Québec, 17 mai, p. [2].

M’est avis que si vous restaurez, toit, murs, parc et jardin [du château Bigot], vous en ferez un séjour agréable pour vous, et fort achalandé, pendant la belle saison, par les touristes. 1882, Le Courrier du Canada, Québec, 14 mars, p. [2].

Les nombreuses glissoires préparées pour l’occasion [carnaval de Montréal] ont de même été fort achalandées par les étrangers. 1884, L’Électeur, Québec, 6 février, p. [3].

Les deux piques-niques [sic] ont été fort achalandés [...] par les personnes qui ont profité de ces excursions pour aller prendre une journée de repos. 1897, L’Événement, Québec, 7 septembre, p. 4.

Le joli navire, très rapide, aura cet été une grande vogue, car les touristes soucieux de confort et amateurs de sites pittoresques, achalanderont le nouveau vapeur. 1910, Le Devoir, Montréal, 21 mai, p. 5.

Ce plan a obtenu un tel succès que les bureaux du ministère de la Colonisation sont « achalandés » tout le jour par des jeunes gens désireux d’aller travailler chez des cultivateurs. 1935, Le Soleil, Québec, 18 janvier, p. 1.

(Hapax). Soutenir, appuyer en grand nombre un mouvement, un parti politique.

Il est triste d’avoir à constater que cette diminution des gages a lieu sous le règne libéral tant achalandé par la classe ouvrière même. 1878, Le Courrier du Canada, 5 juin, p. [2].

Histoire

Depuis 1851. Emploi attesté en France au XIXe s. (relevé dans une route bien achalandée de passants, une maison si bien achalandée de monde sous la plume de George Sand, v. Larousse 1866, Besch 1892 et GLLF), qui découle de achalander v. tr. « procurer des clients à (un commerce) », lui‑même attesté en français depuis Estienne 1549, mais plus guère en usage de nos jours (v. FEW calēre 2, 83b, TLF « vieux », et Lexis 1979 « classique et littéraire »). Le verbe achalander est un dérivé de chaland, attesté en français depuis le XIIe s. (sous la forme chalant) au sens de « (ami) protecteur », puis au sens de « client », depuis 1548 (mais peut-être dès la fin du XIIIe s.), emploi considéré comme vieux de nos jours (v. TLF; v. aussi FEW id. et BW5).

   achalandé, achalandée; achalandage.

Dernière révision : juin 2023
Pour poursuivre votre exploration du mot achalander, visionnez notre capsule vidéo Dis-moi pas!?.
Trésor de la langue française au Québec. (2023). Achalander. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 16 juillet 2024.
https://www.dhfq.org/article/achalander