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ACHALAGE [aʃalaʒ]
n. m.

Rem.

Variante graphique : achallage.

  

Vieillifam.Ensemble de choses, de propos, de manières qui dérangent, importunent.

Pas d’achalage! : la paix! 

 bâdrage.

– « Pourquoi avez-vous écrit à M. Gervais? – « Parce que j’étais ‛achalé’, répète le témoin. – « Vous saviez cependant qu’il s’agissait d’une chose importante? – « Oui. Je le savais. – « Allez‑vous me faire croire que les ‛achalages’ de trois prisonniers suffisaient à vous faire changer d’idée? 1936, Le Soleil, Québec, 20 janvier, p. 9.

– M. Piuze a-t-il laissé vos parents vous achaler. Il n’a pas dû? – Pensez-vous qu’ils n’ont pas raconté leurs histoires et leurs avantages? – Ce n’est pas ce que je vous demande. Piuze n’a pas fait d’objections à l’achalage de vos parents? – Je ne me rappelle pas de cela. 1936, La Tribune, Sherbrooke, 20 janvier, p. 8.

Il est des filatures où une ouvrière qui réclame du contremaître le taux horaire supérieur auquel elle a droit s’entend souvent dire : « Pas d’achalage, adresse-toi au grand bureau; si tu n’es pas satisfaite, donne la place à une autre, il y en a ». 1937, Le Canada, Montréal, 21 août, p. 16.

C’est au tour d’Annette, fille du plaignant, toute rouge dans une robe rouge. Elle pétille de bonne santé et c’est en mordant dans ses mots qu’elle déclare : – Il nous achalle depuis sept mois. On ne remarque plus les dates et les heures avec pareil achallage. 1951, Le Canada, Montréal, 28 juillet, p. 12.

Jean-Luc : Moi, vous savez, ma femme votera bien pour qui elle voudra. Raymond : Mon garçon, si tu laisses ta femme avoir les idées qu’il lui plaît t’as pas fini de courir après. Jean-Luc : Elle fera c’qu’elle voudra, pis moi j’ferai c’que j’voudrai : pas d’achallâge [sic]. 1963 env., A. Brie, La famille Lacasse (Le vote), Chez Miville, p. 2 (radio).

(Ontario). Mé’, décid’‑toé don, mon p’tit garçon, décid’‑toé don! Ta pauvre mér’, tu gu’i creuv’ le cœur! [...] I’ dit, mouman, laissez‑moé tranquill’, bon! Moé, j’ boé’... p’is quand on boé’, i’ dit, pâs d’ ’chalag’! Bon! Comprenez-vous, lâ? 1968, Azilda (Ont.), G. Lemieux, Les vieux m’ont conté, t. 1, 1973, p. 295.

[…] accusations faciles. jeu gratuit. illisibilité. c’est dans cette union polaire du refus du Texte que doit se situer une certaine zone de destructibilité, de déplacements, d’achallages, de mutations. faire du Texte comme on fait du ski. 1977, C. Beausoleil, La Nouvelle barre du jour, octobre, p. 70.

Les derniers marcheurs avaient à peine eu le temps de regagner leurs maisons que le fédéral, par le biais d’un communiqué aussi bref que laconique, signifiait avec fermeté son « insensibilité » déjà très affirmée sur ce problème [de la pyrrhotite]. […/] Votre manif de solidarité, vous pouvez bien vous la mettre quelque part. Mais c’est aussi samedi, alors dérangez-nous surtout pas à Ottawa. Pas d’achalage. 2015, Le Nouvelliste, Trois‑Rivières, 2 juin, p. 6.

(Hapax). loc. C’est pas d’achalage : c’est pas compliqué.

Lui, c’est pas d’achalage. Un trou, un juille [= cheville]; y voé une auto il l’achète; un lac, y pêche; une femme, il l’embrasse; un ami, il l’invite; pis une porte, y défonce. » 1963 env., A. Brie, Le petit Prosper, dans P. Pagé, Le comique et l’humour à la radio québécoise, t. 2, 1979, p. 538. 

VieuxNombre très élevé de personnes, foule.

Il y avait un achalage de monde. (GPFC).

 (Dérivé). (Hapax). Achalagé. Voir achalé, achalée (sens II.1).

L’idée de partir se cacher dans les bois lui répugnant, Conrad Champagne s’en est donc remis à son curé. « Le curé d’alors […] m’a dit de continuer à travailler sur la ferme paternelle et qu’avec les grâces de Dieu, je ne serais jamais achalagé du temps de la guerre. Et je n’ai jamais été achalagé », a-t-il raconté. 1990, La Tribune, Sherbrooke, 4 septembre, p. A2.

Histoire

Depuis 1903 (RivCan 44). Dérive de achaler (sens II). Au sens de « foule », depuis 1905 (d’après FSPFC); peut-être par attraction de achalandage « action de fréquenter en grand nombre un endroit, un lieu, d’y affluer », emploi attesté au Québec depuis 1876.

Nouvelle entrée de la deuxième édition

Dernière révision : décembre 2021
Pour poursuivre votre exploration du mot achalage, consultez notre rubrique Saviez-vous que.
Trésor de la langue française au Québec. (2021). Achalage. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 14 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/achalage