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ACADÉMIQUE [akademik]
adj.

1

VieilliQui est relatif à l’académie (sens 2), à l’enseignement qui y était dispensé.

École, cours académique.

Diplôme, brevet académique, permettant d’enseigner dans une académie.

Comme dernière preuve que la bonne éducation des enfants était l’objet de sa plus constante sollicitude, il suffit de rappeler que toutes ses économies furent employées à la fondation et au maintien d’une école académique qu’il entretenait de ses deniers et dans laquelle il donna gratuitement ou à très bas prix, une instruction soignée, à une foule de jeunes filles de sa paroisse et des paroisses voisines. 1883, Notice biographique de feu mess. Paul DeVillers, archiprêtre, p. 7.

Mercredi, le 11, il y a eu séance académique au Petit Séminaire. Mgr l’évêque de Rimouski a donné le diplôme académique à plusieurs nouveaux membres. 1887, Le Messager de Sainte Anne, 6e année, no 1, p. 14.

La journée de mardi était si belle que les élèves en ont profité pour prendre dans l’après-midi la moitié du congé qu’il [sic] leur avait été accordé par le supérieur, lors des fêtes académiques. Donc c’était congé d’académie. 1910, La Tribune, Sherbrooke, 24 février, p. 6.

Quelle [sic] a été, pendant les mêmes années, le traitement moyen des institutrices laïques brevetées enseignant dans les écoles élémentaires, modèles et académiques catholiques? 1912, Journaux de l’Assemblée législative de la province de Québec, vol. 46, p. 503.

Les inspecteurs d’écoles sont nommés par le lieutenant-gouverneur en conseil. Nul ne peut être nommé inspecteur d’écoles, s’il n’a enseigné au moins cinq ans et subi avec succès un examen devant un bureau nommé par le Conseil de l’Instruction publique [...]. Et nul ne peut être admis à cet examen, s’il n’est porteur d’un brevet d’école primaire supérieure ou complémentaire (ou ancien diplôme académique). 1925, C.‑J. Magnan, « Un cinquantenaire. Le Conseil de l’Instruction publique 1875-1925 », Le Canada français, vol. 12, no 9, p. 702.

[...] l’académie ou l’école académique offre un enseignement qui va évoluer graduellement pour donner d’abord le primaire complémentaire et le primaire supérieur et ultérieurement le secondaire public [...]. 1971, L.‑Ph. Audet, Histoire de l’enseignement au Québec, t. 2, p. 140.

2

(Emploi critiqué). Qui appartient, est relatif aux établissements scolaires, en partic. à ceux de niveau supérieur, à la formation et à l’enseignement qui y sont dispensés.

Activités académiques. Dossier académique. Formation, enseignement académique.

Année académique : temps qui s’écoule entre le début et la fin des classes, des cours, général. du mois de septembre à mai ou à juin.

Rem.Ceux qui critiquent cet emploi recommandent de recourir plutôt à scolaire ou, le cas échéant, à universitaire, termes également bien implantés dans l’usage (voir notam. OLF-Avis4, nos 94 et 1415). 

C’est la première fois que l’Université Laval est appelée à présenter ce rapport, la période académique qui vient de finir étant la première de son exercice. 1889, J. E. Marcoux, École polytechnique de Montréal : rapport au surintendant, p. 1.

Il [un prêtre] a fait son cours d’études classiques au collège St-Laurent à Montréal, et plus tard il reçut ses diplômes académiques de l’Université Laval. 1904, L’Événement, Québec, 9 janvier, p. 2.

Notre rendement proprement scolaire dépend [...] de l’excellence de notre préparation académique générale. Les intuitions pédagogiques les plus valables s’enracinent dans l’excellence des connaissances académiques et non dans la connaissance et la maîtrise des trucs de métier. 1960, J.‑P. Desbiens, Les insolences du Frère Untel, p. 105.

Au bout de quelques mois, il y eut deux classes dans une : les élues du cours lettres-sciences et les autres, promues à un bien petit avenir, nous semblait-il. Pour les premières, les exigences académiques croissaient de mois en mois alors que, pour les secondes, elles diminuaient constamment. 1985, D. Bombardier, Une enfance à l’eau bénite, p. 139.

Comme nous étions en juin, donc entre deux années académiques, j’indiquai à Lesage [...] que je songeais sérieusement à retourner à l’université. Je commençais alors à être moins sûr de pouvoir y être facilement réintégré, mais je n’eus pas l’occasion de vérifier cette crainte. 1987, Cl. Morin, L’art de l’impossible, p. 68.

Le peintre Alfred Pellan : un chantre de la modernité [titre]. [...] Alfred Pelland (c’est là l’orthographe originale de son nom) est né dans le quartier Limoilou de Québec, le 16 mai 1906. À l’école, il s’intéresse peu aux matières académiques mais il couvre ses cahiers de dessins. 1989, G. Lefebvre, Cap-aux-Diamants, vol. 4, no 4, p. 11.

Le CEA [Centre d’éducation des adultes] compte sur le professionnalisme de près de 70 enseignants et 12 professionnels, tous centrés sur la réussite académique et le souci d’aider l’élève dans son parcours tant personnel que professionnel. 2012, Accomplir, Trois-Rivières, février, p. [1]. 

(Spécial., en parlant d’une formation, d’un enseignement). Qui est orienté vers la culture générale plutôt que vers les techniques.

Formation professionnelle et académique.

SYN. général.

Liberté académique : liberté d’expression reconnue aux professeurs d’un établissement d’enseignement, en partic. d’une université.

VieilliSalle académique : dans un établissement d’enseignement, grande salle réservée à la tenue d’événements spéciaux.

La Saint-Thomas-d’Aquin, le 7 mars, marquait la fin du second trimestre. Ce jour-là se passait tout entier à des joutes intellectuelles, dans la salle académique. Chaque classe se présentait sur la scène à tour de rôle pour un concours public. 1987, M. Trudel, Mémoires d’un autre siècle, p. 84.

3

Qui est théorique, spéculatif, sans portée pratique.

Discussion, débat académique.

Rem.Débat académique peut aussi avoir, comme en France, le sens de « débat qui est conforme aux règles en usage dans une académie (avec idée de distinction un peu guindée ou de manque d’originalité) ». 

Si notre confrère [du journal Le Canada] veut bien nous relire, il verra que nous n’avons jamais exprimé une telle opinion; mais, nous avons dit que les juges n’ont pas été consultés sur les obligations qui accompagnent cette augmentation de salaires, ce qui est bien différent. Si la loi les atteint irrévocablement, ils auront à se soumettre; si elle entraîne des doutes, ils sont libres de prendre l’attitude qu’il leur plaira sans manquer à leur dignité, puisqu’ils n’ont pas été partie à l’arrangement. Voilà l’argument que nous avons soumis à la discussion. Il s’agit, ici, beaucoup plus d’une discussion académique que d’une polémique quelconque. 1905, La Presse, Montréal, 15 août, p. 4.

On discute dans les quotidiens l’opportunité d’imposer un droit d’exportation sur notre bois de pulpe, dont les industriels américains dépouillent si gentiment les forêts de la province de Québec. Débat académique et superflu, s’il en est, discussion oiseuse, qu’aucun effet pratique ne saurait suivre, pour la raison tout [sic] simple que la question est bel et bien réglée pour plusieurs années à venir. 1907, Le Nationaliste, Montréal, 21 juillet, p. [4].

Il n’y a pas de doute que cette question du canal Georgien, cette année, ne sera pas que l’objet d’un débat académique, mais que M. Monk, s’il vient siéger aux Communes, en saisira la Chambre de manière sérieuse. 1914, Le Devoir, Montréal, 19 janvier, p. [1].

La journée parlementaire en eût été une autre de plats débats académiques si, en fin de soirée, le premier ministre, M. R.-B. Bennett, n’avait fait des déclarations intéressantes en réponse à une résolution de M. William Duff […] préconisant la conclusion d’un accord de réciprocité commerciale avec les Etats-Unis. 1934, É. Benoist, Le Devoir, Montréal, 20 février, p. [1].

J’ai longtemps cru que l’École [des sciences sociales, rattachée à la Faculté de philosophie] se serait épargnée [sic] bien des ennuis si on avait préféré les lettres ou le droit au magistère de la philosophie. Mais la question cessa de se poser, devint en tout cas académique, dès que l’École se vit reconnaître le statut de Faculté. 1988, J.‑L. Gagnon, Les apostasies, t. 2, p. 30-31.

Histoire

1Depuis 1883; d’après l’anglais academic (v. OED et Webster 1981). 2Depuis 1889. Aussi d’après l’anglais academic (ibid., Gage 1984); année académique a été calqué de academic year (v. Webster 1986 et Random 1983). Un emploi voisin a cours en Belgique et en Suisse (« relatif à l’université, aux études universitaires », v. Robert 1985 et HanseDiff2, qui le relèvent notamment dans année académique; v. aussi TLF, qui cite un auteur suisse), ainsi qu’au Rwanda (ancienne colonie belge; v. JouanRw, s.v. année académique); cet emploi, qui est probablement dû à l’allemand akademisch (v. HanseDiff2 et DarbStat 13), est cependant sans lien historique immédiat avec l’emploi québécois. Académique « qui est orienté vers la culture générale plutôt que vers les techniques » (depuis 1964, d’après DarbAngl 87) est attribuable à l’anglais academic (v. Gage 1984; v. aussi Random 1983, qui donne cet emploi comme particulier à l’anglais américain). Liberté académique (depuis 1966, La Presse, Montréal, 11 juillet, p. 10) a été calqué sur academic freedom (v. OED-Suppl 1972 et Webster 1986); cet emploi se dit par ailleurs en Belgique (v. HanseDiff2) mais il est sans lien direct avec l’emploi québécois. Salle académique (depuis 1910, Le Devoir, Montréal, 17 mai, p. 1), qui ne paraît pas être un calque de l’anglais, a été relevé également en Belgique (ibid.). 3Depuis 1905; d’après l’anglais academic « not leading to a decision; unpractical; strictly theoretical or formal » (v. OED Online, décembre 2020, qui relève ce sens dès 1812; v. aussi Webster 1986). Bien qu’il ne soit pas consigné dans les dictionnaires français, cet emploi est attesté également en France dès le XIXe s., notamment dans des contextes où il est question de politique; p. ex. : « Cette discussion n’est au surplus qu’une discussion purement académique qui n’a aucune utilité pratique; nous l’avons abordée pour prouver une fois de plus que nous sommes prêts à toutes les explications, car le gouvernement [est] parfaitement décidé, dans toutes les élections partielles qui auront lieu, à persister dans son système de neutralité, et s’il a développé la théorie que je viens d’indiquer, c’est parce que le pouvoir est un dépôt qu’il a reçu des uns, qu’il transmettra aux autres, et qu’il n’a pas le droit de laisser diminuer tant qu’il le tiendra entre ses mains. » (Journal des débats politiques et littéraires, Paris, 24 février 1870, p. [3]).

Dernière révision : janvier 2021
Trésor de la langue française au Québec. (2021). Académique. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 24 mai 2024.
https://www.dhfq.org/article/academique