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ABANDONNER [abɑ̃dɔne]
v.

Rem.

Variante graphique : (d’après une prononciation vieillie) anbandonnerambandonner.

1

v. tr. dir. DisparuAbandonner ses animaux : laisser paître librement ses bestiaux dans les champs, notam. à l’époque de l’abandon.

La mère de Philippes [sic] Lafrance nous ayant fait sa plainte de ce que Nicolas Demers [...] abandonne ses cochons dans les grains du dit Lafrance, croyant le faire impunement, ce qui lui cause un grand dommage; ses animaux lui ayant mangé un arpent de grains [...]. 1710, Arrêts et réglements du Conseil supérieur de Québec, 1855, p. 277.

[...] par lesquelles ordonnances il est défendu aux habitans de Boucherville d’abandonner leurs cochons, avec injonction à eux de clore la commune vis-à-vis la terre du suppliant. 1730, Complément des ordonnances et jugements des gouverneurs et intendants du Canada, 1856, p. 255.

2

v. tr. ind. VieilliAbandonner de : cesser de, renoncer à.

Abandonner de fumer, de travailler

Vente de meubles. Les Meubles de Ménage de valeur suivans, appartenant à un Monsieur qui abandonne de garder Maison. 1815, La Gazette de Québec, 9 mars, p. 5 (annonce).

Tu n’as pas dessein d’entrer en religion? Non. Alors tu vas abandonner de te tourmenter de même, parce que c’est un tourment profane et peu convenable, vu que ce garçon ne t’était rien. 1916, L. Hémon, Maria Chapdelaine, p. 153‑154.

L’hiver, je cuisais, puis c’était correct. L’été, quand la chaleur prenait, à peu près le temps qu’il [un quêteux] venait, là, j’étais plus capable de cuire. Ça fait que j’abandonnais de cuire. On achetait le pain dans ce temps‑là. 1963, Saint‑Denis (Kamouraska), AFEUL, J. Dupont 70 (âge de l’informatrice : n. d.).

Il [le docteur] m’a donné six pilules en me disant que je faisais une névralgie intestinale. Le mal s’est arrêté et j’ai abandonné de tousser. 1981, J.‑Ph. Michaud, Kamouraska, de mémoire..., p. 158.

Les A. A. [Alcooliques anonymes] disent que c’est la grâce de Dieu… Mais chacun d’eux s’explique là‑dessus si différemment qu’on dirait bien que personne ne sait vraiment ce que c’est. Alors on cesse de chercher les raisons qui font cesser de boire, tout comme on avait abandonné de chercher les raisons qui faisaient boire. 1984, La Tribune, Sherbrooke, 20 septembre, p. B2.

Oui, je suis un fumeur. Mais qui abandonne régulièrement de fumer. 2005, Le Soleil, Québec, 14 mai, p. A16.

Histoire

De abandon. La variante anbandonner est attestée en ancien français (enbandoner, v. FEW ancien francique *ban 151, 50a).

1Depuis 1710. Hérité de France; relevé en français au XVe et au XIXe s. (v. Godefroy et LarSuppl 1890); cp. en outre abandonner l’oiseau « lâcher l’oiseau de chasse dans la campagne pour le détendre quelques instants », attesté en français depuis Fur 1690, dans la langue des fauconniers. 2Depuis 1815. Sans doute analogique de cesser de.

Dernière révision : novembre 2020
Trésor de la langue française au Québec. (2020). Abandonner. Dictionnaire historique du français québécois (2e éd. rev. et augm.; R. Vézina et C. Poirier, dir.). Université Laval. Consulté le 15 avril 2024.
https://www.dhfq.org/article/abandonner